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<channel><title><![CDATA[L'Ollave, art et &eacute;ditions - Recensions]]></title><link><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions]]></link><description><![CDATA[Recensions]]></description><pubDate>Sat, 07 Mar 2026 22:29:22 +0100</pubDate><generator>Weebly</generator><item><title><![CDATA[Ce qui ... de Philippe Boutibonnes]]></title><link><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/ce-qui-de-philippe-boutibonnes]]></link><comments><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/ce-qui-de-philippe-boutibonnes#comments]]></comments><pubDate>Thu, 28 Jul 2016 09:00:36 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">http://www.ollave.org/recensions/ce-qui-de-philippe-boutibonnes</guid><description><![CDATA[par Jean-Paul Gavard-Perret  Philippe Boutibonnes fait &eacute;voluer l&rsquo;&eacute;criture dans l&rsquo;ordre du doute, de la disparition et de la renaissance. La priorit&eacute; donn&eacute;e au sens devient obsol&egrave;te, elle s&rsquo;&eacute;vapore au contact d&rsquo;un renversement litt&eacute;raire pour faire &eacute;cho &agrave; des octets calcin&eacute;s du cerveau du &laquo;&nbsp;pur&nbsp;&raquo; scripteur.Ce jeu est plus s&eacute;rieux qu&rsquo;il n'y para&icirc;t. Il fait la part  [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div class="paragraph" style="text-align:right;">par <a title="" target="_blank" href="http://www.sitaudis.fr/Poetes-contemporains/jean-paul-gavard-perret.php">Jean-Paul Gavard-Perret</a></div>  <div class="paragraph" style="text-align:left;"><span><span>Philippe Boutibonnes fait &eacute;voluer l&rsquo;&eacute;criture dans l&rsquo;ordre du doute, de la disparition et de la renaissance. La priorit&eacute; donn&eacute;e au sens devient obsol&egrave;te, elle s&rsquo;&eacute;vapore au contact d&rsquo;un renversement litt&eacute;raire pour faire &eacute;cho &agrave; des octets calcin&eacute;s du cerveau du &laquo;&nbsp;pur&nbsp;&raquo; scripteur.</span></span><br /><span></span><span><span>Ce jeu est plus s&eacute;rieux qu&rsquo;il n'y para&icirc;t. Il fait la part au vide et conjugue les hasards. Les mots contenus dans chaque page entretiennent autant l&rsquo;ignorance qu&rsquo;un savoir par les multiples doutes que le propos engage. La cr&eacute;ation au carr&eacute; trouve soudain un r&ocirc;le in&eacute;dit. Contre l&rsquo;emp&acirc;tement du logos surgit une volte-face qui formule l&rsquo;endroit d&rsquo;une inspiration oppos&eacute;e &agrave; la num&eacute;risation d&rsquo;une &eacute;criture machinale.</span></span><br /><span></span>&nbsp;<span><span>Tout part en culbute. Le texte tel qu&rsquo;il se d&eacute;roule cr&eacute;e des orientations impr&eacute;vues. Elles int&egrave;grent une inspiration myst&eacute;rieuse et le renversement d&rsquo;un chaos dans un autre loin de la grammaire superficielle d&rsquo;une vision classique du &laquo;&nbsp;discours&nbsp;&raquo;.</span></span><br /><span></span>&nbsp;<span><span><span><span>Le doute r&egrave;gne face aux certitudes. Il prend<span>&nbsp;</span></span></span><span><span>du relief l&agrave; o&ugrave; se perd l&rsquo;habitude maladive de parler afin de respecter selon une respiration r&eacute;guli&egrave;re dans une &eacute;preuve de patience. L&rsquo;inconnu se r&eacute;v&egrave;le, attir&eacute; par le doute que chaque proposition inclut.</span></span></span></span><br /><span></span>&nbsp;<span><span><span><span>Le texte sort du sommeil de la m&eacute;moire. Le seul devoir du texte n&rsquo;est pas d&rsquo;&ecirc;tre r&ecirc;v&eacute;&nbsp;: les mots<span>&nbsp;</span></span></span><span><span>se touchent pour cr&eacute;er des segments. Ils rompent avec un &eacute;tat s&eacute;curisant. Comme si les pens&eacute;es &eacute;taient trop rapides pour &ecirc;tre mesur&eacute;es.</span></span></span></span><br /><span></span>&nbsp;<span><span>La parole "r&eacute;elle" se cache derri&egrave;re un vocabulaire imagin&eacute; par un homme "absurde". Le climat n'est plus au beau fixe au sein d'une suite de notes ant&eacute;fixes. L&rsquo;air est de moins en moins vrai l&agrave; o&ugrave; le papier authentifie des paroles ouvertes et vaines qui emporte notre langue vers des pays clandestins loin des paradis exalt&eacute;s d'un pr&eacute;tendu sens.</span></span><br /><span></span>&nbsp;<span><span><span><span>C&rsquo;est avec calme et une certaine ironie de l&rsquo;&eacute;criture que l&rsquo;auteur &agrave; d&eacute;faut de la retenir la poursuit et ce en un seul espoir qui se sait illusoire : que l&rsquo;ouverture soit son abri. L&rsquo;absence de barri&egrave;re tient seule de compagnie. Le texte est comme de la mousse sur un mur. Savoir lequel efface l&rsquo;autre devient tout le probl&egrave;me.<span>&nbsp;</span></span></span><span style="color:rgb(0, 0, 0)"><span><span>&laquo;&nbsp;Ce qui&hellip;&nbsp;&raquo; non seulement renverse les strates : il met face &agrave; m&egrave;re la langue. Elle nous a peut-&ecirc;tre permis de na&icirc;tre mais sans finir de nous accoucher.</span></span></span></span></span><br /><br /><span></span></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Vanda Mikšić - Sels]]></title><link><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/lollave-2015-traduction-martina-kramer-et-brankica-radicvanda-miksic-sels]]></link><comments><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/lollave-2015-traduction-martina-kramer-et-brankica-radicvanda-miksic-sels#comments]]></comments><pubDate>Sun, 16 Aug 2015 16:06:40 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">http://www.ollave.org/recensions/lollave-2015-traduction-martina-kramer-et-brankica-radicvanda-miksic-sels</guid><description><![CDATA[- par Marc Wetzel -   &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Voil&agrave; une po&eacute;tesse croate de 43 ans (francophone, universitaire &ndash; traductrice enseignant la traduction -, diplomate) que les Editions de l'Ollave nous r&eacute;v&egrave;lent.&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le choc est imm&eacute;diat, et immense&nbsp;: Vanda Mik&scaron;i&#263; a un monde &agrave; la fois singulier (admirablement camp&eacute;) et &eacute;vident (myst&eacute;rieusement accessible), qu'on voit tou [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div class="paragraph" style="text-align:center;"><font size="1"><span style="" "font-size:12.0pt;font-family:&quot;times="" roman&quot;,&quot;serif&quot;;mso-fareast-font-family:="" simsun;mso-bidi-font-family:mangal;mso-font-kerning:.5pt;mso-ansi-language:="" fr;mso-fareast-language:hi;mso-bidi-language:hi"=""><font size="2">- par Marc Wetzel - </font><br /></span></font></div>  <div class="paragraph" style="text-align:left;"><span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Voil&agrave; une po&eacute;tesse croate de 43 ans (francophone, universitaire &ndash; traductrice enseignant la traduction -, diplomate) que les Editions de l'Ollave nous r&eacute;v&egrave;lent.</span><br /><span style=""></span><span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le choc est imm&eacute;diat, et immense&nbsp;: Vanda Mik</span><span style="" "font-size:13.0pt;="" mso-bidi-font-family:&quot;times="" roman&quot;"="">&scaron;</span><span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">i</span><span style="" "font-size:13.0pt;mso-bidi-font-family:="" &quot;times="" roman&quot;"="">&#263;</span><span style=""> a un monde &agrave; la fois singulier (admirablement camp&eacute;) et &eacute;vident (myst&eacute;rieusement accessible), qu'on voit tout de suite par ces deux extraits&nbsp;:</span><br /><span style=""></span><span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span><span style="">&nbsp;&nbsp; </span></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>&laquo;&nbsp;<em style="">On apporte un cercueil &agrave; l'eau et on le pose dans le bateau, la flamme des bougies et une vieille sur la rive. Aupr&egrave;s d'elle deux femmes, deux oliviers, un arbuste de romarin et un pin. Le cercueil s'en va vers le port. Le grondement du moteur est sa messe fun&egrave;bre</em>&nbsp;&raquo; (p.49)</span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>&laquo;&nbsp; <em style="">Vous discutez. Au cours des paroles vous remarquez un petit vieillard qui s'approche et s'arr&ecirc;te &agrave; votre hauteur. Il te montre du doigt et dit &agrave; ton interlocuteur&nbsp;: Elle est &agrave; moi. Oui. Elle est &agrave; moi&nbsp;! Il se tourne vers toi et te tend la main&nbsp;: Viens avec moi. Allez. Viens. Allez. Elle est &agrave; moi. Et il te tire par le bras comme il ne tire plus depuis des ann&eacute;es dans ses filets&nbsp;</em>&raquo; (p. 55) </span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>Dans ce second passage, on devine des traits de caract&egrave;re, de style et de destin li&eacute;s qui sont&nbsp;: l'imp&eacute;tuosit&eacute; de la conviction, un prodigieux discernement des ardeurs et des fatigues, l'opacit&eacute; tranquille des revendications ultimes, et comme un sursaut de salut qui traverse les &ecirc;tres et vient les chercher l&agrave; o&ugrave; ils ne s'imaginaient plus l'attendre. Toutes ces formules sont g&eacute;n&eacute;rales, sont impr&eacute;cises, mais quelques points vont &eacute;clairer &ccedil;a.</span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; D'abord, une cr&eacute;ature redress&eacute;e, verticalis&eacute;e - comme est l'homme &ndash; est une cr&eacute;ature instable&nbsp;; et il faut donc faire la vie avec des forces, d&eacute;multipli&eacute;es, qui veillent partout. L'ontologie de la station-debout est bien une &laquo;&nbsp;<em style="">ergonomie</em>&nbsp;&raquo; (p. 13). Comme dit l'auteur&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;<em style="">Tout moment est un levier&nbsp;</em>&raquo;&nbsp;: tout ce qui appuie invisiblement ailleurs vous soul&egrave;ve ici&nbsp;; et tout ce qui se soul&egrave;ve sensiblement ailleurs vous tasse secr&egrave;tement o&ugrave; vous &ecirc;tes, fait baisser le niveau de monde moyen en vous. Et cela est vrai non seulement dans l'espace, mais dans le temps&nbsp;; car la conscience de la mort leste tellement (et donc d&eacute;s&eacute;quilibre) le destin humain que tout moment d'existence (m&ecirc;me de complet repos ou parfaite indiff&eacute;rence) est un prompt, p&eacute;rilleux et pr&eacute;cieux r&eacute;tablissement&nbsp;! On ne sort pas de l'action, et quand on le fait &ndash; par parole et r&ecirc;verie &ndash; c'est encore elle, l'action, qui en fixe les r&egrave;gles, et encaisse les vrais dividendes.</span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>Il y a, dans la merveilleuse po&eacute;sie de Vanda, une sorte de logistique charnelle de la pr&eacute;sence, de la condition humaine. Car nous demandons &agrave; la nature de nous faire comprendre ce que nous ajoutons pourtant &agrave; elle&nbsp;: le langage articul&eacute;, l'expression philosophique, la tendre rivalit&eacute; entre sourire et rire. Nous le lui demandons, pour cesser d'&ecirc;tre &agrave; nous-m&ecirc;mes d'aberrants miracles&nbsp;; et la nature ne peut bien s&ucirc;r pas nous r&eacute;pondre, pas nous tendre les &eacute;l&eacute;ments explicatifs attendus, puisque nous ne pouvons la d&eacute;passer qu'inexplicablement. Mais tant pis&nbsp;: une po&eacute;tesse s'y essaye, pour nous, pour tous. Elle s'ouvre par exemple grand la bouche (p. 18), et l'assimile assez &agrave; une grotte intime, une excavation mobile, pour s'y inspecter &laquo;&nbsp;<em style="">la faune et la flore&nbsp;</em>&raquo;, s'y tirer par jeu le zip blanch&acirc;tre de l'attache sublinguale, sonder la texture des &laquo;&nbsp;<em style="">p&eacute;tards</em>&nbsp;&raquo; de salive qu'y sont les mots. Cette fabuleuse m&eacute;decine de proximit&eacute; (et qui n'est pas du tout une chirurgie de fantaisie, car ces tortures sont autant d'improvis&eacute;es initiations!), porte sur elle la lucidit&eacute; d'un physicien, et m&ecirc;me d'un m&eacute;canicien&nbsp;: la le&ccedil;on est que tous les &ecirc;tres et choses sont en mouvement, et tout mouvement se paye&nbsp;! L'auteur en consigne universellement le tarif.<br /></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; <span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">Ainsi, ce qui existe concr&egrave;tement, ce n'est pas l'&eacute;l&eacute;ment inerte du calcaire, c'est son tartre (p. 14), c'en est la d&eacute;position ind&eacute;finie. Ce n'est pas l'&eacute;chafaudage solide (p. 40), c'est un b&acirc;ti de m&eacute;tal, bois et regards, qui grimpe &agrave; mesure, dangereusement, sur lui-m&ecirc;me. Ce n'est pas non plus on ne sait quelle biblioth&egrave;que acad&eacute;mique (p. 37), c'est bien la pantomime gr&eacute;gaire des &eacute;rudits, des fonctionnaires de la prise de notes, le grouillement distingu&eacute;<span style="">&nbsp; </span>de nos<span style="">&nbsp; </span>&laquo;&nbsp;<em style="">Sisyphes</em>&nbsp;&raquo; de la Roche du sens&nbsp;!</span><span style=""> </span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>R&eacute;ellement ici, comme dans le moteur cach&eacute; du monde, tout ce qui compte et fait compter avec soi est de l'ordre des forces. Rien de plus facile, par exemple, au langage, &laquo;&nbsp;d'entrer dans les choses&nbsp;&raquo;&nbsp;; mais la r&eacute;alit&eacute; du transfert (l'ergonomie, la logistique, donc, de ce transport) est toujours le prix d'une contorsion&nbsp;: la r&ecirc;verie objective est sur Terre une acrobatie payante,<br /></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">o&ugrave; la constriction des membres (aussi douloureuse et ingrate que l'obtention chinoise de petits pieds f&eacute;minins),</span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; o&ugrave; la diff&eacute;renciation des visas (imaginer l'amie Francesca sur son v&eacute;lo, p. 39, partie chercher la plus belle crique, l'imaginer vraiment, est tout sauf univoque et anodin&nbsp;: il faut choisir &agrave; quoi de son effort s'identifier, d&eacute;cider s&eacute;lectivement d'entrer ou bien dans le tournis de sa roue, ou bien dans son &eacute;crasement de la selle, ou bien dans le gril plantaire de ses p&eacute;dales, ou la devanture os&eacute;e de son guidon &hellip;!),</span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; <span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">o&ugrave; l'accompagnement m&eacute;ticuleux de tout ce qui arrive (comme dans l'insomnie, p. 38, on est &agrave; la remorque &eacute;bahie de tous les bruits du monde&nbsp;; ou dans le cauchemar, p. 29, il n'y a plus qu'&agrave; r&eacute;agir ... en sauterelle &agrave; la terrifiante invasion domestique de sauterelles),</span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; <span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">o&ugrave; donc cette contraction, cette distinction, cette contention de l'attention, sont modes d'emploi imp&eacute;ratifs et incessants du chant de l'existence&nbsp;!</span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">L'&eacute;criture de Vanda Mik</span><span style="">&scaron;</span><span style="">i</span><span style="" "font-size:13.0pt;="" mso-bidi-font-family:&quot;times="" roman&quot;"="">&#263;</span><span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""> nous montre ce que peut exactement pour nous la po&eacute;sie&nbsp;: modifier verbalement l'&eacute;chelle (et donc la pr&eacute;gnance) des &eacute;lements du destin&nbsp;: en d&eacute;taillant<span style="">&nbsp; </span>ou floutant ad&eacute;quatement une sc&egrave;ne qu'on vit, on peut noyer dans le non-sens un sens trop ouvertement tragique, ou &agrave; l'inverse, noyer dans une flaque de sens (la &laquo;&nbsp;<em style="">feuille d'eau</em>&nbsp;&raquo; &agrave; laquelle sait jouer l'enfant, p. 32) <span style="">&nbsp;</span>un non-sens trop criard. On redistribue pr&eacute;ventivement la donne de la fatalit&eacute;&nbsp;: en s'imaginant qu'une coupure g&eacute;n&eacute;rale de courant (p. 19) se charge de la lampe de chevet qu'on s'appr&ecirc;tait m&eacute;lancoliquement &agrave; &eacute;teindre&nbsp;; en se figurant le fastidieux bavard, l'odieux m&eacute;disant, le lassant mythomane en les somptueux &laquo;<em style="">&nbsp;moulins &agrave; &eacute;tincelles&nbsp;</em>&raquo; (p. 28) qu'ils sont toujours aussi&nbsp;! Voil&agrave; bien une transfiguration qui ne trahit ni n'hypoth&egrave;que aucun Ciel&nbsp;!<br /></span><span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style="">&nbsp;&nbsp; </span></span><br /><span style=""></span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>Il y a comme une sagesse g&eacute;niale dans l'hygi&egrave;ne de cette voix&nbsp;: sa po&eacute;sie referme r&eacute;solument les portes que la Nov'langue de la S&eacute;curit&eacute; marchande (p. 22-3) enfon&ccedil;ait et crochetait partout&nbsp;; elle ouvre en m&ecirc;me temps, et lib&egrave;re, les portes que scellaient le silence et la peur. G&eacute;n&eacute;alogiste (car qui, mieux que la voix qui se murmure ce qui l'anime, conna&icirc;t les g&eacute;n&eacute;rations de gorges qui l'entonnent?), elle nous rappelle aux appartenances vraies et aux issues logiques, nous remet dans la bonne file (celle que dessine au-dehors la guerre, au-dedans l'enfance), celle qui infailliblement attraperait des fossiles au lasso&nbsp;!</span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo;&nbsp;<em style="">Avec le temps, les p&ecirc;cheurs commencent &agrave; ressembler &agrave; leurs bateaux&nbsp;: ils arrosent d'eau-de-vie et de vin leur &eacute;chouage sur l'&icirc;le&nbsp;</em>&raquo; (p. 51)<span style="">&nbsp; </span></span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">Il y a enfin, comme chez Rilke, une sourde et constante supplique de la bonne mort&nbsp;; car, r&eacute;ellement, notre mort sera forc&eacute;e, sera seule, sera lourde&nbsp;; et tous pourtant nous aimerions que cette mort subie nous soit aussi famili&egrave;re qu'un suicide, cette mort isol&eacute;e ait la convivialit&eacute; d'un anniversaire, cette mort insoulevable soit aussi libre et l&eacute;g&egrave;re qu'une urne de cendres dans la soute d'un transatlantique (p. 58)</span><span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span></span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; <span style="" "font-size:="" 13.0pt"="">Il y a, pour tout dire, dans cette &oelig;uvre, d'extraordinaires qualit&eacute;s que leur ma&icirc;trise m&ecirc;me<span style="">&nbsp; </span>ne d&eacute;nature pas&nbsp;; ma&icirc;trise paradoxale, si pr&eacute;cieuse, de la &laquo;&nbsp;<em style="">zone sans retour</em>&nbsp;&raquo; (p. 45) de vivre&nbsp;!!</span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>&laquo;&nbsp;<em style="">Il est parti vers l'aube &agrave; travers les champs, les chaussures couvertes de la ros&eacute;e de l'herbe qui r&eacute;sistait &agrave; ses pas. Il avait &eacute;crit une lettre o&ugrave; il a tout expliqu&eacute;. Il ne voulait pas &ecirc;tre encombrant. La lettre a all&eacute;g&eacute; ses pas. Arriv&eacute; au pied de l'arbre, unique sur la colline, il a enlev&eacute; sa veste et s'est assis s'adossant contre le tronc. Son &oelig;il d&eacute;gustait la terre qui depuis hier portait les grains de bl&eacute; et n'osait pas encore embaumer. Tout &eacute;tait silencieux. La vapeur se d&eacute;tachait doucement des mottes de terre. Les couleurs attendaient. Il avait laiss&eacute; la lettre sur la table, pr&egrave;s du feu qu'il avait raviv&eacute; avant de partir. Pour qu'elle n'ait pas froid. Quand elle se r&eacute;veillerait, seule. Le matin berce doucement son corps dans le vent&nbsp;</em>&raquo; (p. 58)<span style="">&nbsp;&nbsp; </span></span><br /><span style=""></span><br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style=""></span>Qui &eacute;crit mieux&nbsp;?!... </span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>  <span style="">&nbsp;</span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>  <span style="" "font-size:="" 13.0pt"=""><span style="">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>  </div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Antun Branko Šimić]]></title><link><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/antun-branko-simic]]></link><comments><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/antun-branko-simic#comments]]></comments><pubDate>Sun, 16 Aug 2015 15:57:28 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">http://www.ollave.org/recensions/antun-branko-simic</guid><description><![CDATA[  Auntun Branko &Scaron;imi&#263; occupe sans nul doute une place &agrave; part dans la po&eacute;sie croate. Disparu &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 26 ans de la tuberculose, il a laiss&eacute; une &oelig;uvre &eacute;mouvante qui reste aujourd&rsquo;hui encore une r&eacute;f&eacute;rence. Il avait une grande connaissance de la litt&eacute;rature europ&eacute;enne, lisait les auteurs allemands, fran&ccedil;ais, italiens ou russes dans leur langue, citait les philosophes classiques et contemporain [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div class="paragraph" style="text-align:left;">  <span style="">Auntun Branko &Scaron;imi</span><span style="">&#263;</span><span style=""> occupe sans nul doute une place &agrave; part dans la po&eacute;sie croate. Disparu &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 26 ans de la tuberculose, il a laiss&eacute; une &oelig;uvre &eacute;mouvante qui reste aujourd&rsquo;hui encore une r&eacute;f&eacute;rence. Il avait une grande connaissance de la litt&eacute;rature europ&eacute;enne, lisait les auteurs allemands, fran&ccedil;ais, italiens ou russes dans leur langue, citait les philosophes classiques et contemporains, &eacute;crivait des chroniques sur la culture urbaine. Auntun Branko &Scaron;imi&#263; est l&rsquo;un des po&egrave;tes les plus profonds de son temps et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Il sera le premier po&egrave;te croate a utilis&eacute; syst&eacute;matiquement le vers libre, s&rsquo;int&eacute;ressant autant aux mots qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;impact visuel du po&egrave;me. Sa modernit&eacute; se manifeste aussi dans les th&egrave;mes choisis, le corps, l&rsquo;&eacute;rotisme, la pauvret&eacute; sociale, le d&eacute;p&eacute;rissement physique&hellip; une po&eacute;sie de chair et d&rsquo;os. Comme pressentant l&rsquo;urgence de sa propre vie, Auntun Branko &Scaron;imi&#263; publia son premier po&egrave;me &agrave; 14 ans, ne cessera d&rsquo;&eacute;crire et ne publiera pourtant qu&rsquo;un seul recueil de son vivant, "<em style="">Transformation</em>", en 1920. Rebelle, obstin&eacute;, il se consacra &agrave; l&rsquo;&eacute;dition de ses revues. Sa sensibilit&eacute; r&eacute;sonne de ces mots justes, pos&eacute;s sur les pages pour toujours. De lui, de ses confr&egrave;res, il &eacute;crit : "<em style="">Les po&egrave;tes sont un &eacute;tonnement dans le monde. Ils arpentent la terre et leurs yeux larges et muets grandissent aupr&egrave;s des choses. L&rsquo;oreille pench&eacute;e vers le silence qui les entoure et les tourmente, les po&egrave;tes sont l&rsquo;&eacute;ternel fr&eacute;missement du monde</em>." Le recueil "<em style="">Au bord du monde</em>", publi&eacute; par les &eacute;ditions L&rsquo;Ollave, nous offre un choix de po&egrave;mes dont la lecture laisse, apr&egrave;s une vague d&rsquo;&eacute;motions, un go&ucirc;t de trop peu. Alors, relire encore pour retrouver &agrave; travers sa po&eacute;sie le po&egrave;te et &eacute;couter avec lui "<em style="">comme la lune marche doucement sur l&rsquo;eau</em>".</span><span style=""> </span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>  <span style="">Mireille Sanchez, 2015</span><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>  </div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Slavko Mihalić - Notre enfer quotidien]]></title><link><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/slavko-mihali-notre-enfer-quotidien]]></link><comments><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/slavko-mihali-notre-enfer-quotidien#comments]]></comments><pubDate>Sat, 14 Dec 2013 18:31:31 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">http://www.ollave.org/recensions/slavko-mihali-notre-enfer-quotidien</guid><description><![CDATA[H&eacute;catombe des mots         Tu as peur des mots. Ils r&ocirc;dent tout autour, secs,  vid&eacute;s. L&rsquo;un jaillit depuis le noir du jardin. Il s&rsquo;arr&ecirc;te face &agrave; toi,  une pierre &agrave; la main. Un autre se faufile, sournois, le long du mur. Tu  ne sais pas s&rsquo;il &eacute;pie quelqu&rsquo;un ou s&rsquo;il essaie de se cacher. Une douzaine de lettres monstrueuses chute du branchage.  Ce qui irrite aussit&ocirc;t ton cou. Tu cours &agrave; travers la rue, et voil&a [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align:left;">H&eacute;catombe des mots</h2>  <div><div class="wsite-multicol"><div class='wsite-multicol-table-wrap' style='margin:0 -15px'> <table class='wsite-multicol-table'> <tbody class='wsite-multicol-tbody'> <tr class='wsite-multicol-tr'> <td class='wsite-multicol-col' style='width:32.005689900427%;padding:0 15px'></td> <td class='wsite-multicol-col' style='width:67.994310099573%;padding:0 15px'>  <div class="paragraph" style="text-align:left;"><em style="">Tu as peur des mots. Ils r&ocirc;dent tout autour, secs,  vid&eacute;s. L&rsquo;un jaillit depuis le noir du jardin. Il s&rsquo;arr&ecirc;te face &agrave; toi,  une pierre &agrave; la main. Un autre se faufile, sournois, le long du mur. Tu  ne sais pas s&rsquo;il &eacute;pie quelqu&rsquo;un ou s&rsquo;il essaie de se cacher. <br />Une douzaine de lettres monstrueuses chute du branchage. <br /> Ce qui irrite aussit&ocirc;t ton cou. <br />Tu cours &agrave; travers la rue, et voil&agrave; que des grappes de phrases pendent aux fen&ecirc;tres. <br />Puis des tessons de mots tranchants au seuil de la taverne. Tu r&ecirc;ves d&rsquo;en sauver au moins un de la folie g&eacute;n&eacute;rale. <br />Tu vois qu&rsquo;ils prolif&egrave;rent vite, h&eacute;las, et qu&rsquo;ils perdent leur sens. <br />Demain nous marcherons sur le tapis de mots broy&eacute;s, et la parole aura disparu.</em></div>  </td> </tr> </tbody> </table> </div></div></div>  <div class="paragraph" style="text-align:left;">Mort en 2007, Slavko Mihali&#263; a &eacute;t&eacute; l&rsquo;une des personnalit&eacute;s majeures de la litt&eacute;rature croate et s&ucirc;rement l&rsquo;un des <br />po&egrave;tes plus importants du si&egrave;cle dernier. Dans sa collection Domaine Croate L&rsquo;Ollave publie une riche anthologie de ses po&egrave;mes, dans la traduction de Vanda Miksi&#263;, une v&eacute;ritable synth&egrave;se de son parcours cr&eacute;atif. Un po&egrave;te profond&eacute;ment bless&eacute;, une langue dense et fluide en m&ecirc;me temps, un d&eacute;fi existentiel, une plong&eacute;e dans le sabbat de &laquo; la valse de M&eacute;phisto &raquo;. La vie pour Mihalic est au fond, comme le titre choisi pour ce recueil, un &laquo; jardin aux pommes noires &raquo;, un labyrinthe sans issue o&ugrave; la po&eacute;sie elle-m&ecirc;me devient un alibi et, paradoxal qu&rsquo;il soit, un &laquo; voyage vers l&rsquo;inexistence &raquo;. Le po&egrave;me La fin des jeux est d&rsquo;un nihilisme total, presque plus d&eacute;sesp&eacute;r&eacute; que La fin de partie de Beckett : &laquo; Tout peut &ecirc;tre vendu, tout peut &ecirc;tre achet&eacute;, / sauf le futur qui a d&eacute;jou&eacute;/ tous les arrangements et qui a disparu sans laisser de trace. &raquo; <br /><span><br /><span></span></span>L&rsquo;h&eacute;catombe ne fait rien esp&eacute;rer d&rsquo;une humanit&eacute; qui a vid&eacute; de sens les mots, mystifiant leur valeur et leur signification. Est-ce qu&rsquo;on est nombreux &agrave; se rendre compte que s&rsquo;approche le jour o&ugrave; &laquo; la parole aura disparu &raquo; ? Merci SMS, Smartphones, Tablettes, vous avez fait de nous des robots balbutiants dans des villes tentaculaires, o&ugrave; tous nos faits et gestes sont espionn&eacute;s et analys&eacute;s.</div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Alin Anseeuw, Le chagrin de Matisse]]></title><link><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/alin-anseeuwle-chagrin-de-matisse]]></link><comments><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/alin-anseeuwle-chagrin-de-matisse#comments]]></comments><pubDate>Mon, 19 Aug 2013 10:57:30 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">http://www.ollave.org/recensions/alin-anseeuwle-chagrin-de-matisse</guid><description><![CDATA[Paru dans Travers&eacute;es  Quand Alin Anseeuw a vu le &laquo;&nbsp;Chagrin du roi&nbsp;&raquo; de Matisse &agrave; sa porte il l&rsquo;a laiss&eacute; entr&eacute;. Jamais peut-&ecirc;tre ne fut-il si proche d&rsquo;un tableau qui pourtant l&rsquo;&eacute;loignait de lui-m&ecirc;me. Le tableau n&rsquo;&eacute;tait plus dehors mais dedans. Le tableau &eacute;tait chez celui qui se sentit soudain &eacute;tranger &agrave; lui-m&ecirc;me. Le roi devenait &agrave; coup de papiers color&eacute;s pui [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div class="paragraph" style="text-align:right;">Paru dans <a title="" href="http://traversees.wordpress.com/2013/08/15/alin-anseeuw-le-chagrin-de-matisse-lollave-editeur-48-pages-13-e/">Travers&eacute;es</a><br /></div>  <div class="paragraph" style="text-align:left;">Quand Alin Anseeuw a vu le &laquo;&nbsp;Chagrin du roi&nbsp;&raquo; de Matisse &agrave; sa porte il l&rsquo;a laiss&eacute; entr&eacute;. Jamais peut-&ecirc;tre ne fut-il si proche d&rsquo;un tableau qui pourtant l&rsquo;&eacute;loignait de lui-m&ecirc;me. Le tableau n&rsquo;&eacute;tait plus dehors mais dedans. Le tableau &eacute;tait chez celui qui se sentit soudain &eacute;tranger &agrave; lui-m&ecirc;me. Le roi devenait &agrave; coup de papiers color&eacute;s puis d&eacute;coup&eacute;s par Matisse l&rsquo;homme int&eacute;rieur, celui qui traverse le po&egrave;te et le fait parler. Non par identification ou transfert. Mais parce qu&rsquo;&agrave; travers ce roi en souffrance le monde des images touche au fond de l&rsquo;&acirc;me par effet de surface.<br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>D&rsquo;o&ugrave; ce texte fascinant, aussi rythm&eacute; que m&eacute;ditatif o&ugrave; l&rsquo;image n&rsquo;a d&rsquo;autre r&eacute;f&eacute;rent que son intensit&eacute;. Car si le sens des papiers coll&eacute;s peut &ecirc;tre, par la diversit&eacute; m&ecirc;me de leur assemblage, r&eacute;versible, le sens du tableau qu&rsquo;ils composent devient solide. L&rsquo;ensemble cr&eacute;&eacute; par recomposition est rempli mais libre. Sa langue devient par l&rsquo;organisation de Matisse une &eacute;nigme un jeu de vie et de mort, de pouvoir et de faiblesse.<br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>Par ses agencements l&rsquo;artiste a cr&eacute;&eacute; la peinture hors d&rsquo;elle-m&ecirc;me. Appliqu&eacute;e directement elle n&rsquo;aurait &eacute;t&eacute; qu&rsquo;un non-&ecirc;tre ou aurait emp&ecirc;ch&eacute; le passage d&rsquo;un sens particulier. Par la nature m&ecirc;me de la cr&eacute;ation la conscience du roi se d&eacute;pouille de sa royaut&eacute;. Elle touche une forme de n&eacute;ant au milieu pourtant d&rsquo;un scintillement de signes.<br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>Une telle technique permet de privil&eacute;gier un regard diff&eacute;rent sur toute l&rsquo;histoire de la peinture et de la repr&eacute;sentation. En ce sens Matisse n&rsquo;allait-il pas plus loin qu&rsquo;un Malevitch&nbsp;? Ce dernier traita la non peinture par son absence, le vide par le d&eacute;sert. C&rsquo;&eacute;tait l&agrave; d&rsquo;une certaine mani&egrave;re une commodit&eacute; de la conversion picturale.<br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>Chez Matisse il existe &agrave; la fois la mort d&rsquo;une certaine peinture mais sans la perte de la distance avec ce qu&rsquo;elle est. C&rsquo;est bien l&agrave; tout le miracle de la &laquo;&nbsp;re-pr&eacute;sentation&nbsp;&raquo; dans sa prise de distance avec la repr&eacute;sentation au devers d&rsquo;une simple disparition ou d&rsquo;un effacement.<br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>D&rsquo;o&ugrave; ce saut ardent &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la peinture. Le roi est (presque) mort et nu mais en m&ecirc;me temps il sort de son r&ocirc;le. Matisse laisse surgir l&rsquo;homme int&eacute;rieur n&eacute; d&rsquo;autres lambeaux que ceux que la royale engeance rev&ecirc;t. Ceux de Matisse leur donnent une intensit&eacute; relative qui devient absolue dans le royaume de la peinture.<br /><span style=""></span><br /><span style=""></span>Avec Matisse &ndash; et Alin Anseeuw l&rsquo;a compris &ndash; il n&rsquo;y a plus de place pour la maladie de la mort par le&nbsp;<em style="">&laquo;&nbsp;moteur figuratif&nbsp;&raquo;</em>&nbsp;que l&rsquo;artiste a enclench&eacute;. D&egrave;s lors la souffrance du roi n&rsquo;est que l&rsquo;outrecuidance de son orgueil. Et celle du peintre est la diagonale du fou contre l&rsquo;ordre temporel. Par cette entr&eacute;e secr&egrave;te des papiers d&eacute;coup&eacute;s, donc hors langage, la peinture fit retour en elle-m&ecirc;me par ce qu&rsquo;elle n&rsquo;&eacute;tait pas. Elle devint &agrave; son corps d&eacute;fendant parfaite et par son illumination&nbsp;: g&eacute;nialement obscure mais loin de tout n&eacute;ant.<br /><span style=""></span><br /><span style=""></span><strong style="">&copy;Jean-Paul Gavard-Perret</strong><br /><span style=""></span><br /><span style=""></span></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Philippe Boutibonnes, La lumière offusquée, De l'ombre]]></title><link><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/philippe-boutibonnes-la-lumire-offusque-de-lombre]]></link><comments><![CDATA[http://www.ollave.org/recensions/philippe-boutibonnes-la-lumire-offusque-de-lombre#comments]]></comments><pubDate>Fri, 09 Aug 2013 18:58:23 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">http://www.ollave.org/recensions/philippe-boutibonnes-la-lumire-offusque-de-lombre</guid><description><![CDATA[Paru dans lelitteraire.com  Philippe Boutibonnes : bestioles et revenants, ombres et lumi&egrave;res  Comme le Ma&icirc;tre Puce d&rsquo;Hoffman auquel il a&nbsp;consa&shy;cr&eacute; un article fon&shy;da&shy;men&shy;tal, Phi&shy;lippe Bou&shy;ti&shy;bonnes fait de cha&shy;cun de ses livres des d&eacute;cli&shy;nai&shy;sons d&rsquo;un voyage exis&shy;ten&shy;tiel o&ugrave; le r&ecirc;ve et la r&eacute;a&shy;lit&eacute; ont fort &agrave; faire pour s&rsquo;accorder. Et ce, pour notre plai&shy;sir [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div class="paragraph" style="text-align:right;">Paru dans <a href="http://www.lelitteraire.com/">lelitteraire.com</a><br /></div>  <div class="paragraph" style="text-align:left;"><strong>Philippe Boutibonnes : bestioles et revenants, ombres et lumi&egrave;res</strong><br /></div>  <div class="paragraph" style="text-align:left;">Comme le <em>Ma&icirc;tre Puce</em> d&rsquo;Hoffman auquel il a&nbsp;consa&shy;cr&eacute; un article fon&shy;da&shy;men&shy;tal, Phi&shy;lippe Bou&shy;ti&shy;bonnes fait de cha&shy;cun de ses livres des d&eacute;cli&shy;nai&shy;sons d&rsquo;un voyage exis&shy;ten&shy;tiel o&ugrave; le r&ecirc;ve et la r&eacute;a&shy;lit&eacute; ont fort &agrave; faire pour s&rsquo;accorder. Et ce, pour notre plai&shy;sir mais aussi pour notre intel&shy;li&shy;gente. Par &laquo; <em>ses exercices d'imb&eacute;cilit&eacute;</em> &raquo;  - qui le reposent de ses tra&shy;vaux scien&shy;ti&shy;fiques&hellip; -, l&rsquo;auteur accorde un sup&shy;pl&eacute;&shy;ment de vita&shy;mine C &agrave; nos neu&shy;rones. Certes, chaque voyage a&nbsp;ses limites et sa fin. C&rsquo;est pour&shy;quoi les livres de l&rsquo;auteur le d&eacute;coupent en tron&shy;&ccedil;ons. Il sera int&eacute;&shy;res&shy;sant aux futurs cher&shy;cheurs d&rsquo;en d&eacute;fi&shy;nir le sens. Car si le tra&shy;vail scien&shy;ti&shy;fique de Bou&shy;ti&shy;bonnes est objet de nom&shy;breuses th&egrave;ses, ses tra&shy;vaux po&eacute;&shy;tiques, lit&shy;t&eacute;&shy;raires et artis&shy;tiques le m&eacute;ritent tout autant.<br /><br />Chaque texte pro&shy;pose une voix-fable dont les m&eacute;lo&shy;dies peuvent sem&shy;bler par&shy;fois insai&shy;sis&shy;sables. Leurs &laquo; <em>coui&shy;ne&shy;ments sans timbres</em> &raquo;  peuvent frap&shy;per de stu&shy;peur les lec&shy;teurs qui com&shy;prennent sou&shy;dain com&shy;bien la v&eacute;rit&eacute; est tou&shy;jours dif&shy;f&eacute;&shy;r&eacute;e dans l&rsquo;effacement pro&shy;gramm&eacute;, mais non dans la nul&shy;lit&eacute;. Un, plus que z&eacute;ro, atteste du pas&shy;sage, des traces, des cendres que chaque livre laisse. Tout alors se res&shy;semble puis se ras&shy;semble. Tout se r&eacute;sou&shy;dra pro&shy;ba&shy;ble&shy;ment dans l&rsquo;unit&eacute; totale de l&rsquo;&oelig;uvre dont &mdash; nous l&rsquo;esp&eacute;rons pour l&rsquo;auteur &mdash; la fin est encore tr&egrave;s loin.<br /><br /><span></span>Scien&shy;ti&shy;fique, c&rsquo;est en se pr&eacute;&shy;sen&shy;tant lui-m&ecirc;me via une cita&shy;tion d&rsquo;H&ouml;lderlin &laquo; po&eacute;&shy;ti&shy;que&shy;ment &raquo; qu&rsquo;il habite cette terre. Dans <em>Ritratto</em>  il fait son por&shy;trait : &laquo;<em> Je m&rsquo;appelle Phi&shy;lippe Bou&shy;ti&shy;bonnes. / Je suis n&eacute; le 7&nbsp;Juillet 1938 &agrave; Avi&shy;gnon : / de cela je suis s&ucirc;r, on me l&rsquo;a dit&hellip; / Mais d&eacute;j&agrave;, dehors : or&eacute;e des poux, / hal&egrave;&shy;te&shy;ments de hy&egrave;ne, corps au rebut, / voyelles taries, bottes, cendres, / brouillard, mille peurs et plus&hellip; / J&rsquo;habite Caen : ce n&rsquo;est ni Lucques, ni Prague, ni Dublin. Ville sans m&eacute;andres, / sans cou&shy;leurs, sans odeurs. / Que je d&eacute;teste&hellip; / Ma vie ? Ce rac&shy;courci d&eacute;l&eacute;&shy;bile / (1938&ndash;20..), un point c&rsquo;est tout. / Depuis ? Des restes. Quelques &ldquo;et / cae&shy;tera&rdquo;; / quelques traits que je / m&rsquo;efforce de tra&shy;cer pour trom&shy;per mon attente. / Peut-&ecirc;tre que je mour&shy;rai un jour ? / Peut-&ecirc;tre&hellip; Pour&shy;quoi&nbsp;pas?&hellip; </em>&raquo;<br /><br /><span></span>Ces &laquo; <em>quelques traits</em> &raquo;  prouvent que le plas&shy;ti&shy;cien et micro&shy;bio&shy;lo&shy;giste est un &eacute;cri&shy;vain majeur. Apr&egrave;s un pre&shy;mier et superbe ouvrage de po&eacute;&shy;sie paru chez Maeght, il s&rsquo;est fait conna&icirc;tre avec  <em>Le Beau Monde</em>.&nbsp;  Plus r&eacute;cem&shy;ment, les &eacute;ditions de l&rsquo;Ollave on publi&eacute; de superbes livres de&nbsp;l&rsquo;auteur. Eve Gra&shy;ta&shy;matzki tout d&rsquo;abord. Ce livre est une m&eacute;di&shy;ta&shy;tion sur l&rsquo;&oelig;uvre de l&rsquo;artiste dis&shy;pa&shy;rue en 2003. &laquo; <em>Nous sommes d&eacute;bi&shy;teurs &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des morts, &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de ceux qui nous ont quit&shy;t&eacute;s, nous aban&shy;don&shy;nant pau&shy;vre&shy;ment vivants et inapai&shy;s&eacute;s, cou&shy;pables &mdash; oui, cou&shy;pables &mdash; de n&rsquo;avoir pas su les convaincre de conti&shy;nuer &agrave; vivre</em> &raquo; &eacute;crit Bou&shy;ti&shy;bonnes. Son livre relance un impos&shy;sible dia&shy;logue avec la cr&eacute;a&shy;trice comme il l&rsquo;avait d&eacute;j&agrave; fait avec Sarah Kof&shy;mann (ex&eacute;&shy;g&egrave;te de Nietzsche, Freud et Der&shy;rida). Par del&agrave; la culpa&shy;bi&shy;lit&eacute;, Bou&shy;ti&shy;bonnes ne pas retient d&rsquo;Eve qui elle fut car il s&rsquo;aper&ccedil;oit qu&rsquo;il l&rsquo;ignore mais il rat&shy;trape l&rsquo;essentiel : &laquo; <em>les images de l&rsquo;artiste amie telle la sc&egrave;ne fur&shy;tive et hal&shy;lu&shy;ci&shy;na&shy;toire /qui rel&egrave;gue dans l&rsquo;oubli les images de la petite enfance. / les lieux o&ugrave; elle v&eacute;cut et tra&shy;vailla / ses lec&shy;tures (Duras, Beckett, H&ouml;l&shy;der&shy;lin) / ses gestes et tech&shy;niques / ses ani&shy;maux et ses cris de d&eacute;ses&shy;poir / ses &oelig;uvres enfin qu&rsquo;il &eacute;voque avec le souci de la mati&egrave;re, de l&rsquo;infime c&ocirc;t&eacute; savant et la /profondeur de champ, Eve est intacte et inen&shy;ta&shy;m&eacute;e dans le moment et le mou&shy;ve&shy;ment du dessin </em>&raquo;.<br /><br /><span>T</span>ous les livres du po&egrave;te sur&shy;montent le temps qui passe, l&rsquo;angoisse, le n&eacute;ga&shy;tif comme le prouve encore le superbe La lumi&egrave;re offus&shy;qu&eacute;e, de l&rsquo;ombre . L&rsquo;artiste donne un sens et un savoir po&eacute;&shy;tique &agrave; notre d&eacute;sen&shy;chan&shy;te&shy;ment indi&shy;vi&shy;duel et col&shy;lec&shy;tif par &laquo; la danse joyeuse des par&shy;ti&shy;cules et des pho&shy;tons &raquo;.  Ils res&shy;tent pr&eacute;&shy;sents m&ecirc;me au fond du n&eacute;ant et per&shy;mettent d&rsquo;explorer des marges dif&shy;f&eacute;&shy;ren&shy;tielles par rap&shy;port aux pro&shy;po&shy;si&shy;tions consen&shy;suelles de l&rsquo;imaginaire &agrave; la mode. Pour Bou&shy;ti&shy;bonnes (c&rsquo;est ras&shy;su&shy;rant pour cer&shy;tains mais angois&shy;sant pour d&rsquo;autres), la fin n&rsquo;est qu&rsquo;une suite man&shy;quante et &laquo; tout recom&shy;mence ailleurs &raquo;. Il existe donc pour lui des conti&shy;nui&shy;t&eacute;s &eacute;videntes de lieux, de per&shy;son&shy;nages et d&rsquo;auteurs. Par exemple, Aris&shy;tote, Leib&shy;niz, Hus&shy;serl, Buf&shy;fon, Flau&shy;bert, Ducasse, Kafka, Beckett, etc.). Le monde comme l&rsquo;art et la lit&shy;t&eacute;&shy;ra&shy;ture et la science demeurent un per&shy;p&eacute;&shy;tuel r&eacute;en&shy;gen&shy;dre&shy;ment que seule notre myo&shy;pie intel&shy;lec&shy;tuelle emp&ecirc;che de com&shy;prendre. A&nbsp;ce titre, nous ne sommes pas plus avan&shy;c&eacute;s que les monstres ch&eacute;&shy;ris de l&rsquo;auteur : mouches et autres dory&shy;phores et scarab&eacute;es.<br /><br /><span>P</span>our ce scien&shy;ti&shy;fique de plain-pied dans l&rsquo;&egrave;re du num&eacute;&shy;rique, la fin du livre n&rsquo;est pas pour demain &ndash; et ce, m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle tou&shy;jours plus ou moins micro&shy;sco&shy;pique du vivant qui sent la mort dans tous les sens du verbe. Chaque livre reste une trame qui m&ecirc;le &agrave; pro&shy;fu&shy;sion le savant et le tri&shy;vial, le d&eacute;lire au s&eacute;rieux, l&rsquo;homme &agrave; l&rsquo;animal, le com&shy;mu&shy;niste ou le saint. Tel celui que l&rsquo;auteur d&eacute;cons&shy;truit dans un de ses textes les plus connus : &laquo; Fons est cru&shy;ci&shy;fi&eacute;&ndash; le bas, le torse et les bras. La t&ecirc;te est pos&eacute;e sur le ventre, pres&shy;s&eacute;e par une pierre chauf&shy;f&eacute;e &agrave; blanc. Fum&eacute;e par&shy;tout. Odeur &acirc;cre. Les clous sortent d&rsquo;eux-m&ecirc;mes du bois. Fons ne demande pas son reste : il prend ses jambes &agrave; son cou, la t&ecirc;te sous un bras et fonce. &laquo; Tu fonces o&ugrave;, Fons &raquo; crie un badaud pour acca&shy;bler le saint. &raquo;<br />Selon Bou&shy;ti&shy;bonnes, ce der&shy;nier est moins int&eacute;&shy;res&shy;sant que l&rsquo;animal : &laquo; C&rsquo;est les b&ecirc;tes que j&rsquo;interroge : l&rsquo;homme, je ne peux le conna&icirc;tre sui gene&shy;ris, je suis dedans depuis pas mal de temps, 7&nbsp;j / 7&nbsp;comme au Mac Do. Je ne peux m&rsquo;en extraire. Je consi&shy;d&egrave;re alors ce que j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; avant d&rsquo;&ecirc;tre celui que je suis : je tiens &agrave; la ruse de l&rsquo;axolotl ; &agrave; sa face hilare, plan&shy;t&eacute;e comme un lit&shy;chi &eacute;plu&shy;ch&eacute; et fen&shy;due de joue droite &agrave; joue gauche &raquo;. Pour autant, le centre autour duquel tournent les textes de l&rsquo;auteur sont des femmes et des hommes. Ils peuvent avoir des noms dou&shy;teux mais il y&nbsp;a aussi des Solange &laquo; sol-air &raquo; qui ne sont en rien des sales anges si ce ne sont celles ou ceux (Ah, le sexe des anges&hellip;) de peurs ant&eacute;&shy;rieures qui ram&egrave;nent au Adam d&rsquo;&laquo;apr&egrave;s la culbute&raquo;. Qu&rsquo;importe au demeu&shy;rant. L&rsquo;&ecirc;tre vit aux d&eacute;pens de celui qui l&rsquo;&eacute;coute puis qu&rsquo;il perd en le quit&shy;tant. C&rsquo;est cruel. Mais qu&rsquo;on se ras&shy;sure cha&shy;cun de nous dis&shy;pa&shy;ra&icirc;&shy;tra &agrave; son tour. Nos para&shy;sites idem. Poux en&nbsp;t&ecirc;te.<br /><br /><span></span>Lire notre <a href="http://www.lelitteraire.com/?p=8766">entre&shy;tien</a>  avec l&rsquo;auteur<br /><br /><strong>Jean-Paul Gavard-Perret</strong><br /><span></span></div>]]></content:encoded></item></channel></rss>